ce qu’enseigne la victoire de la gauche au 1er tour des législatives

Mais la grande création politique de Mélenchon en 2022 devait suivre, exactement dans la lignée de la contestation devant le Parlement. Au lieu de blâmer les Verts, le CP ou le PS, il propose d’intégrer un énorme front de gauche. L’offre a été étendue aux trotskystes du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), qui l’ont refusée. Il y avait là un calcul politique. Affaiblis par le maigre résultat de la course à la présidentielle, Verts, communistes et socialistes avaient besoin de la LFI pour avoir une chance de ne pas disparaître à la législature.

Le résultat a été Nupes – la première large coalition de gauche formée en France au cours de ce siècle. Bien plus que de servir de refuge aux sous-titres en difficulté, cela a changé le paysage politique. Plutôt que de se fragmenter (et, comme souvent, de s’opposer), les forces essentielles au capitalisme ont pu former un bloc cohérent. Ils l’ont fait en quelques semaines. La position hégémonique Gramscienne du LFI a été déterminante. Avec peu d’ajustements et de mises à jour, le programme 2016 a pu pleinement engager le dialogue avec l’électorat.

Ces dernières semaines, seuls les néolibéraux et l’extrême droite n’étaient plus visibles dans le paysage politique français. Nupes a pu projeter un nouvel horizon commun. Mélenchon y a contribué de manière décisive. Dans une interview qu’il a accordée peu après avoir passé le multipartisme, il a lancé un défi direct à Emmanuel Macron. Il a comparé les élections législatives à un « troisième tour » d’élections présidentielles. Il a déclaré que le président n’avait pas été réélu parce qu’il était le favori de l’électorat, mais uniquement parce que l’électorat mettait tout en œuvre pour repousser la menace de l’extrême droite. Il l’a appelé à vaincre le néolibéralisme dans le nouveau conflit.

La puissance de ce message n’est pas passée inaperçue auprès des New York Times. Dans un article publié dimanche (12/6), le le journaliste Constant Mehéu décrit : la popularité de la candidate du Nupes Marie Pochon, même dans une circonscription rurale du sud du pays, où le vote est traditionnellement de centre-droit. Ce domaine est aujourd’hui menacé, le texte le montre, par deux facteurs.

La gauche, qui avait traditionnellement quatre candidatures – qui n’avaient pas vraiment de chance – est unie autour de Marie. Mais, peut-être plus important encore, la candidate ne prend plus la peine d’expliquer aux électeurs les différences entre son parti et le reste de la gauche. Son énergie politique se concentre sur le dialogue avec la population sur les problèmes concrets causés par les politiques néolibérales dans la région : l’insécurité économique, le manque de médecins, l’insécurité des transports en commun ou la baisse de la production de lavande en raison des températures élevées causées par le climat. monnaie. Marie parle d’alternatives concrètes – pas des vieilles querelles idéologiques. Il propose d’augmenter le salaire minimum, de combler les lacunes en matière de soins de santé, de restaurer de petites branches de chemin de fer et de lancer des investissements dans des sources d’énergie propres. Et il réfléchit : « on assiste à la montée de l’écologie rurale, un nouveau type de gauche ».

Des phénomènes similaires se répètent dans de nombreuses circonscriptions sur les 577 que compte la France. Pour Stewart Chau, politologue français interrogé par le journaliste, l’alliance articulée par Mélenchon a « créé un nouveau centre de gravité politique » et est « la seule vraie nouveauté dans cette élection ». Dimanche prochain (19/6), second tour des élections législatives, Nupes sera présent dans environ 350 des contestations. Il y a cinq ans, les partis qui le composaient n’apparaissaient pas dans plus de 150.

Macron coule

Le bouleversement actuel pourrait-il conduire à l’élection, par le Nupes, du plus grand groupe parlementaire ? C’est peu probable. Etant donné qu’il est à 100 % au niveau de la circonscription et prévoit un second tour dans tous les cas, le système électoral français rend cette hypothèse difficile. La tendance principale est que les candidats néolibéraux obtiennent le vote de l’extrême droite, dans les circonscriptions où ils atteignent le second tour – et vice versa.

Mais le malaise du président Macron est clair. Ce mardi (14/6), s’exprimant à l’aéroport d’Orly, il cachait à peine sa peur – tentant, devant les électeurs, l’épouvantail d’un « séisme républicain »† Quelques minutes avant de se rendre en Roumanie, où il participerait à des activités liées à la lutte de l’Otan contre la Russie, il a déclaré que « rien ne serait pire que d’ajouter un désordre français au désordre mondial ». Certains de vos ministres ajoutée – sans aucune justification – que le Nupes veut « sortir la France de l’Union européenne ». Mélenchon répondit ironiquement. Il a suggéré que le président « prenne un avion, se rendant compte que son navire est en train de couler ». Et il s’est moqué d’avoir programmé un agenda international pendant sa campagne pour le Parlement : « Je ne comptais pas sur nos progrès… »

A quatre jours du second tour, les prévisions les plus fiables indiquaient une impasse politique. Nupes ne pouvait pas être dans la majorité, mais Macron non plus – dans une rare défaite pour un président nouvellement élu. Héros des néolibéraux du monde entier, vu par eux comme un chef indispensable était en Europe il y a seulement quelques mois, il risque maintenant de perdre la capacité de mener à bien son programme. La France néolibérale – aujourd’hui partie décisive de l’ordre mondial dominé par la logique des marchés – semblait hésiter. Une autre France, héritière des traditions de 1789 et 1968, se tenait encore et combattait. Belle perspective en ce moment.

Madeline Favre

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