Crsega fait ses adieux à un célèbre séparatiste au milieu de la controverse en France – International

L’île française de Croatie a fait ses adieux ce vendredi 25 à Yvan Colonna, un célèbre séparatiste décédé après une attaque brutale en prison, au milieu d’une controverse sur le fait de le considérer comme un martyr ou un meurtrier.

Colonna purgeait une peine de prison à perpétuité dans une prison d’Arles (sud) pour le meurtre du maire Claude Erignac en 1998 lorsqu’il a été agressé le 2 mars par un détenu présenté comme un djihadiste. Il est décédé 19 jours plus tard, à l’âge de 61 ans.

L’agression a provoqué des manifestations et des troubles pendant des jours sur cette île de 350 000 habitants, qui se sont calmés lorsque le gouvernement français a proposé de négocier « l’autonomie » de la région.

Cependant, la tension est revenue à Crsega avec la mort à Marseille de Colonna et l’hommage. Le président français Emmanuel Macron a qualifié d' »erreur » le fait que les autorités régionales aient mis les drapeaux en berne mardi (22).

Son ministre de l’Intérieur, Grad Darmanin, s’est montré plus explicite à la télévision jeudi soir, qualifiant l’hommage « d’une sorte d’insulte à la famille d’Erignac, à l’Etat et à ses représentants ».

En signe de « solidarité », le parti Femu a Corsica a demandé au chef du gouvernement régional, Gilles Simeoni (nationaliste), de baisser les drapeaux ce vendredi (25) et d’observer une minute de silence, au moment des obsèques .

– « Membre de la famille » –

Le corps sans vie de Colonna, qui a toujours nié le crime contre Erignac, est arrivé mercredi soir à Crsega, deux jours après l’annonce de sa mort. De sa vie, il n’a jamais exaucé son souhait d’être transféré dans les prisons de l’île.

Son cercueil a été reçu par une haie d’honneur à Ajaccio, la capitale régionale, et devait être transféré ce matin à Cargse, commune de 1 300 habitants, pour y être inhumé.

La veillée aura lieu à 15h (11h à Brasilia) dans l’église latine, devant un autre temple de la ville, en l’occurrence grec. Un clerc archimandrite dirigera la cérémonie.

Des portraits du séparatiste encadraient jeudi la porte d’entrée blanc-jaune de l’église, accompagnés de bougies. La présence massive des riverains et des supporters est attendue.

« J’ai joué au foot avec mes enfants. Il entraînait mes enfants au stade. C’était comme un membre de la famille », raconte une femme âgée, qui a requis l’anonymat, et se souvient de sa surprise lorsqu’elle a été arrêtée dans l’affaire Erignac.

« Tueur de statut français ». Au centre-ville, entre le buraliste et le boucher, une grande banderole en langue corse dénonce un « Etat français meurtrier ». Cette devise est visible à plusieurs autres endroits.

En plus d’exiger le retour des prisonniers corses sur l’île, l’agression de Colonna a également soulevé la question de l’autonomie de l’île au milieu de la campagne présidentielle.

Après une série de protestations, parfois marquées par des troubles, le gouvernement a envoyé le ministre de l’Intérieur à Crsega, où il a promis de négocier « l’autonomie », mais sans plus de détails.

La situation administrative en France de la quatrième plus grande île de la Méditerranée, où Napoléon Bonaparte est né en 1769, a évolué au fil du temps : d’une appartenance à une région avec Marseille à un statut particulier.

Depuis janvier 2018, le Crsega est considéré comme une collectivité territoriale, combinant des fonctions départementales et régionales et gérant de nouvelles compétences telles que le sport, les transports, la culture et l’environnement.

Dans un pays moins décentralisé que ses voisins l’Espagne ou l’Allemagne, les nationalistes corses veulent plus d’autonomie fiscale, ainsi que la reconnaissance du peuple corse ou le statut co-officiel de la langue régionale.

Julienne Rose

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