France : Valérie Pécresse est candidate aux élections. Commentaires de Roman Grazyk

Eh bien, aucun parti, et certainement aucune base partisane, n’aime les dirigeants déloyaux. Pour cette raison, dans l’enquête pré-électorale, Barnier a fait le meilleur, celui qui n’a pas trahi. En revanche, Bertrand était le meilleur des trois dans les sondages français. Ainsi, ni dans un concours ni dans l’autre, Mme Pécresse n’a été sélectionnée pour gagner. Et pourtant c’est elle qui a remporté le pot.

les républicains Ils appelaient le mode de désignation de leur candidat un congrès du parti, mais en fait il s’agissait de primaires semi-ouvertes : non seulement les membres du parti pouvaient se présenter aux élections, mais aussi ceux qui proclamaient une communion idéologique avec LR, alors que seuls les membres du parti avaient le droit voter. Une mise en garde importante : dans les dernières semaines avant les primaires, des dizaines de milliers de nouveaux membres (probablement aussi de nouveaux) ont rejoint le parti, faisant passer le parti de 80 à 140 000. des gens. C’est apparemment Valérie Pécresse qui a le plus efficacement mobilisé les nouveaux adhérents.

Migration, sécurité, identité nationale – refait surface

En tout cas, la logique même des primaires des membres du parti (par opposition à 2016, où les membres et les sympathisants ont été élus, environ 4 millions d’électeurs au total), a entraîné une préférence pour la pensée de parti plutôt que pour le civisme, en d’autres termes : plus dogmatique qu’ouvert. Et tout cela dans le contexte de l’émergence d’une nouvelle star au firmament politique, Eric Zemmour, qui a introduit les thèmes de l’immigration, de la sécurité et de l’identité nationale dans cette campagne, les introduisant définitivement, c’est-à-dire les rendant irrévocables.

De fait, les têtes de liste « pincent » leurs discours sur ces questions depuis plusieurs mois, alors même que l’opinion publique française s’est déplacée vers la droite ces dernières années.

Du coup, la campagne des primaires de LR s’est concentrée sur ce sujet. Les candidats évoquent souvent le contexte européen et voient dans l’Union européenne (et notamment dans la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne et de la Cour européenne des droits de l’homme) un obstacle à la politique souveraine d’immigration de la France. La situation en Pologne a certainement dépassé cette ligne, bien que le différend entre le gouvernement polonais et l’UE/CJUE/CEDH soit une autre affaire.

Hormis Mme Pécresse, la plus grande figure de ces primaires s’est avérée être Eric Ciotti, député des Alpes Maritimes, représentant de droite de LR, homme politique qui a récemment annoncé qu’en cas de second tour, Macron -Zemmour voterait pour Zemmour. Lors des quatre débats télévisés suivants (le dernier étant également diffusé à la télévision publique), il est le plus expressif (démagogique ?) des cinq candidats à l’investiture du parti. Et il a remporté le premier tour, bien que de peu devant la trinité de Bertrand – Barnier – Pécresse, et Philippe Juvin – médecin et conseiller municipal de La Garenne-Colombes, ancien eurodéputé fermé le terrain.

Pour le second tour, Bertrand, Barnier et Juvin ont appelé leurs partisans à voter pour Mme Pécresse. En finale, la présidente de la région Ile-de-France l’a nettement emporté (dans un rapport de 60 contre 40), mais elle n’a pas détruit sa concurrente. La force de Ciotti dans le parti et dans l’électorat LR sera l’une des plus grandes difficultés auxquelles sera confronté le candidat vainqueur de la campagne – cette fois un ressortissant français.

Au total, le plus grand frisson de ces primaires est l’abandon au premier tour de Xavier Bertrand, puisqu’il a été – répétons-le – le premier homme politique de la droite pendant des mois, avec un net avantage sur les autres candidats potentiels de cette formation. . De plus, Bertrand était également le mieux placé dans les sondages, en supposant qu’un candidat de droite modérée entrerait au second tour de l’élection présidentielle en avril 2022 et affronterait Emmanuel Macron.

Ce n’est pas le moment de penser au match du second tour avec Macron…

Donc, si l’on devait supposer qu’il y avait une certaine sagesse collective derrière la décision collective des participants aux primaires LR, il faudrait l’interpréter comme suit : la logique de « démourisation » prédominait, autrement dit : l’adaptation à la torsion de droite de l’opinion publique, notamment dans les domaines de l’immigration, de la sécurité et de l’identité nationale. Dans cette logique, il n’est pas temps de penser au clash avec Macron au second tour, car il y a encore un risque de répétition de 2017, quand la droite modérée (François Fillon était alors son candidat) a été éliminée au premier tour. . Alors, en luttant pour le second tour, il faut buter sur le terrain idéologique tracé par Marine Le Pen et Eric Zemmour. Cela signifie que Valérie Pécresse doit concilier deux courants dans le parti les républicains – Européen et pro-social d’une part, et souverain et économiquement libéral d’autre part.

Dimanche déjà, au lendemain de la victoire de Mme Pécresse samedi, Eric Ciotti a exprimé publiquement son désarroi face à son interview pour TF1, estimant que c’était une erreur de ne pas reprendre certaines de ses principales propositions dans ce communiqué. Il s’agit par exemple de la création de « Guantanamo à la française » et du principe de préférence nationale en matière d’emploi et d’attribution de logements sociaux. Mme Pécresse le lendemain, lors de sa visite à Ciotti à Nice et dans les environs, elle a minimisé le désaccord survenu la veille et assuré qu' »Erik avait sa place à part » dans sa campagne, mais ne lui a pas succombé directement, voire pas dans ces deux propositions. Ciotti a longtemps proclamé que la bataille pour la présidence se jouerait à droite – ce qui dans ce cas doit être compris comme une ligne politique quelque part entre LR et Zemmour.

Cela montre que le chemin emprunté par le candidat LR nouvellement élu sera étroit.

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Godard Fabien

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