La France pointe des « désaccords majeurs » avec le Royaume-Uni dans le différend sur la pêche – International


La France et le Royaume-Uni ont prolongé jeudi (4) le délai pour tenter de résoudre le différend sur l’accès des navires de pêche français aux eaux britanniques, à l’issue d’une rencontre entre de hauts responsables des deux pays.

Le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, a évoqué avec le responsable britannique du Brexit, David Frost, cette question qui met à mal les relations difficiles entre les deux rives de la Manche.

« Les deux parties ont exprimé leurs points de vue et leurs préoccupations », a déclaré un porte-parole du gouvernement britannique, qui a déclaré que les discussions sur les licences de pêche post-Brexit se poursuivraient « au début de la semaine prochaine ».

« Cette conversation a permis de reprendre le dialogue », mais « il y a encore beaucoup de travail et de grandes différences de positionnement », a déclaré Beaune. « Ce que nous demandons pour l’application de l’accord, ce ne sont pas de nouvelles exigences liées à l’accord », a-t-il insisté.

En vertu de l’accord de divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE), les pêcheurs du bloc peuvent être autorisés à continuer à pêcher dans les eaux britanniques, mais uniquement s’ils prouvent qu’ils ont déjà exercé cette activité dans la région.

Français et Britanniques sont en désaccord sur la nature et l’étendue des preuves, dans un contexte de tensions sur d’autres dossiers, comme les migrants traversant la Manche ou la crise dite des sous-marins avec l’Australie.

« Nous avons un problème avec la méthodologie choisie par les Britanniques (…) avec certains critères qui sont des exigences supplémentaires liées à l’accord trouvé », explique le haut responsable français.

Londres affirme avoir accordé 98 % des demandes de licence aux navires de l’Union européenne pour pêcher dans ses eaux, un chiffre que la France réduit à 90 %. Cependant, la zone la plus vulnérable se situe sur les côtes françaises.

L’île britannique de Jersey, au large de la Normandie, a interdit l’accès à près de 50 navires de pêche et l’île voisine de Guerseney doit encore traiter 64 demandes, selon des données de l’AFP mardi.

Si davantage de licences ne sont pas accordées aux pêcheurs français, Paris prévoit d’interdire aux bateaux de pêche britanniques de décharger leur cargaison dans ses ports et de renforcer les contrôles sur les navires et les camions, des mesures que Londres qualifie de « menaces ».

Bien que des sanctions aient été prévues pour mardi, le gouvernement français a décidé d’attendre le résultat des pourparlers, qui comprenaient une rencontre vendredi entre Frost et le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic.

« Tant que le dialogue paraîtra possible (…), nous lui donnerons sa chance, sans être naïfs, avec une unité européenne et avec une exigence de résultats que nous évaluerons dans les jours qui viennent », a ajouté Beaune.

Un quart de la pêche française en volume, représentant 20 % de la valeur totale, est menée dans les riches eaux britanniques, représentant 750 millions de dollars de ventes annuelles aux pêcheurs européens.

Louvel Lucas

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