La Nouvelle-Calédonie vote « non » au référendum sur l’indépendance de la France – International

Le territoire français de Nouvelle-Calédonie, situé dans l’océan Pacifique, a voté « non » lors du troisième et dernier référendum sur l’indépendance de la France, qui s’est tenu ce dimanche (12), une consultation marquée par une abstention record suite aux appels au boycott lancés par des indépendants.

Selon les résultats officiels définitifs, le « non » l’a emporté avec 96,49% des voix, tandis que le « oui » a obtenu 3,51%. Les votes blancs et nuls totalisaient 2,99 %.

La participation a été de 43,90%, une baisse significative par rapport aux taux d’abstention présentés lors des référendums précédents.

« La France est plus belle parce que la Nouvelle-Calédonie a décidé de rester », a déclaré le président français Emmanuel Macron après l’annonce des résultats.

Dans un discours solennel à l’Élysée, Macron a appelé à ce que les résultats soient reçus de « manière respectueuse et humble », notant que « l’électorat restait profondément divisé » dans l’archipel.

Les plus de 184 000 électeurs de l’archipel, situé à environ 2000 kilomètres à l’est de l’Australie, ont été invités à répondre à la question : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la souveraineté absolue et devienne indépendante ?

Il s’agit du troisième référendum depuis les accords de Matignon de 1988, qui cherchaient à mettre fin à une crise entre autochtones et descendants de colons. Aux deux précédentes, en 2018 et 2020, le « non » l’a également emporté.

Les partis indépendantistes ont demandé à la population de boycotter le référendum, comme ils avaient demandé le report des consultations, ce qui était à l’avantage des partisans de rester territoire de la France.

« Ce référendum n’a pas beaucoup de sens car la moitié de la population a décidé de ne pas voter », a déclaré Cathy, libraire à Nouma.

En raison de la faible participation, les files d’attente à l’ouverture des bureaux de vote se sont rapidement vidées. Les autorités ont mobilisé un dispositif de sécurité avec 2 000 agents sur l’île.

Cette présence est « une provocation pour les jeunes », a déclaré à l’AFP un habitant de Saint-Louis, un village indigène de la périphérie de Nouma, où de graves incidents ont eu lieu lors du premier référendum.

Les troisièmes pourparlers d’indépendance interviennent à un moment de grande tension entre la France et ses alliés du Pacifique. Paris veut continuer à y jouer un rôle important, grâce à ses territoires d’outre-mer, dont la Nouvelle-Calédonie.

Le président Emmanuel Macron insiste sur le fait que le gouvernement français ne prend pas parti lors du référendum et a promis « une vie commune » entre la France et la Nouvelle-Calédonie quel que soit le résultat.

Derrière ce différend se cache le rôle de la Chine dans la région. Les analystes soupçonnent une Nouvelle-Calédonie indépendante de se rapprocher de la Chine, qui souhaite investir dans l’exploitation des ressources naturelles de l’archipel.

Pékin est désormais le premier client des exportations de métaux de la Nouvelle-Calédonie, notamment le nickel.

– ‘Collier de Perles’ Chinois –

« Avec la fin de la protection française, tous les éléments apparaissent pour que la Chine s’installe durablement en Nouvelle-Calédonie », a déclaré Bastien Vandendyck, analyste des relations internationales spécialiste du Pacifique.

Vandendyck estime que d’autres pays de la région mélanésienne, tels que Fidji, Vanuatu, les îles Salomon et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, sont déjà des « satellites chinois ».

« Si la Chine veut compléter son « collier de perles » autour de l’Australie, elle n’a besoin que de la Nouvelle-Calédonie », a déclaré l’expert.

Les partisans de l’indépendance ont appelé à un boycott du vote et à un report du vote car il n’y a pas eu de « campagne équitable » en raison des risques de pandémie de coronavirus, mais le gouvernement français a rejeté le report.

« C’est juste une journée normale pour nous », ont déclaré des jeunes de Montravel, un quartier kanak populaire du nord de Nouma, survolé par des hélicoptères de la police et des bureaux de vote pratiquement vides.

Les autorités de l’archipel ont également émis une alerte au cyclone samedi (11) et demandé à la population de prêter attention aux bulletins météo.

Les défenseurs de la pérennité de la France en tant que territoire appellent à une mobilisation de masse face au boycott des indépendants, pour éviter que leur victoire prévisible ne soit entachée d’une faible participation.

En 2018, les partisans du maintien du territoire français l’ont emporté avec 56,7 % des suffrages, un pourcentage tombé à 53,3 % lors de la deuxième consultation, en 2020.

En juin, les différentes sphères politiques se sont mises d’accord avec le gouvernement français pour qu’outre le résultat de ce dimanche, la période qui s’ouvre soit celle de « stabilité et de convergence », et qu’un nouveau référendum soit organisé en juin 2023. le futur « projet ».

Godard Fabien

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