Les leçons politiques de la France

A l’occasion des résultats du premier tour de l’élection présidentielle française, je me suis souvenu de la phrase d’un enseignant : « L’un des moments les plus difficiles, c’est quand une personne sent que sa survie dépend de personnes qu’elle n’apprécie pas. Il m’a fallu des décennies pour réaliser que cette expression s’applique à tout le monde sauf… aux politiciens.

Vous vous demanderez ce que les pensées d’un ancien professeur ont à voir avec Macron et Le Pen. Encore. Quand on verra combien et qui devra convaincre le président français de revenir à l’Elysée, on se rendra compte que dans les prochains jours Macron devra flatter et rejoindre des gens qu’il qualifie de « perdus et oubliés » et donc qu’il n’apprécie pas. Je ne sais pas s’il se sentira mal à l’aise, mais je pense qu’il va plutôt, comme toutes les élites politiques, recourir au cynisme du « la fin justifie les moyens ».

Durant son mandat, le « président des riches », Emanuel Macron, n’a pas caché le parti pris en faveur des riches et l’indifférence aux « banlieues » et à ceux qui mènent des vies difficiles. L’abolition des impôts fonciers, la fermeture des écoles, des hôpitaux et des tribunaux dans les zones rurales et les « réformes » qu’il a prônées correspondaient pleinement au profil d’une personne qui ne se soucie pas de la vie des autres.

L’élitisme hypocrite a également marqué le chemin du pouvoir : Sciences Po, École Nationale d’Administration, […]Inspecteur des Finances au Ministère des Affaires Economiques, […]Banque Rothschild, […], secrétaire général adjoint de l’Elysée. En route vers la présidence, Macron n’a pas hésité à « sacrifier » son père politique, François Hollande, l’homme qui l’a dépouillé de l’étiquette de droite qu’il avait gagnée en tant que secrétaire de la commission de réforme économique du président Nicolas Sarkozy puis l’a installé. au poste de ministre des Finances, dont il a démissionné en août 2016. Mais l’élitisme exigeait aussi de la chance : les socialistes nommaient Amon de la gauche, les républicains nommaient Figion, emprisonné par un scandale, et un potentiel défenseur central se retirait. En fin de compte, il a remporté la majorité, non pas parce que les Français l’ont adopté, mais parce qu’ils ont rejeté Lepen. En tant que président, il a plaidé pour un programme de transformation pro-européen et pro-mondialisation qui restaurerait la croissance tout en créant (une phrase qu’il a répétée si souvent qu’elle a été ridiculisée) créé des emplois et ainsi créer de l’espoir pour les perdus et les oubliés.

Des phrases comme « Il y a des gens bons et des gens de rien » exprimant ses doutes sur les vertus du peuple ont révélé l’élitiste rigide qui traitait avec arrogance les plus vulnérables. Si les ouvriers d’une usine de viande appelée à fermer n’ont pas trouvé de travail, c’est parce qu’ils étaient « analphabètes » ou « paresseux » et n’avaient pas la sagesse de « traverser la rue ».

Macron ne semblait écouter que les personnes qui partageaient sa formation d’élite et n’appréciait pas de comparer les personnes « réussies » avec « rien ». Selon lui, la société était comme un groupe d’alpinistes qui ont le plus fortement trouvé leur chemin vers le sommet. Avec ce transfert, il justifie sa décision de supprimer la taxe foncière, un geste que François Roufen a qualifié de « péché ancestral » du mariage.

Nul doute que désormais, pour atteindre son but, il flattera même ceux qu’il pensait n’avoir pas eu la sagesse de « traverser la route ». Après tout, ce n’est pas quelque chose qui va à l’encontre de l’éthique des élites. Mais ce qu’il ne peut éviter, c’est l’agonie du doute sur la « réponse » des « analphabètes » et des « paresseux » qui manifestement ne veulent pas….

« Et qu’est-ce que tout cela pourrait avoir à voir avec nous ? vous vous demanderez. Le gouvernement entrera bientôt dans la dernière année de son mandat et sera ainsi appelé à confronter les attitudes, les opinions, les pratiques, les logiques et les politiques qu’il a mises en place et qui s’inspirent d’un élitisme similaire à celui de Macron. L’indifférence et la dévalorisation des plus vulnérables, le renforcement systématique de l’establishment économique et la parade démocratique n’ont pas fait exception, mais la règle de sa gouvernance. Reste donc à voir dans les mois à venir comment le gouvernement tentera de convaincre les victimes de sa politique qu’il ne les déteste pas.

* journaliste, écrivain

Godard Fabien

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