Le Portugal et la France, « deux pays très différents » avec une « connexion très rare »

Le Portugal et la France sont « deux pays très différents » mais avec une « connexion très rare », déclare le président de Saison de la croisade Portugal-France 2022, le dramaturge Emmanuel Demarcy-Mota, dans un entretien avec Renaissance

Le Premier ministre, António Costa, se rendra à Paris ce mardi, où il déjeunera avec le président français, et participera à l’inauguration de trois événements culturels, dans le cadre de la saison Cruzada.

Dans une conversation avec Renascença, Emmanuel Demarcy-Mota souligne l’importance de l’événement d’échange culturel comme un pont entre le Portugal et la France.

Quelle est la signification de cette saison de croisade Portugal-France 2022 ?

Ce moment est très important pour nous tous, car cette saison concerne différents domaines de notre société, que ce soit en France ou au Portugal.

Par exemple, la question de l’éducation, de l’égalité, du rapport à l’environnement, de la place des femmes dans la société, mais aussi l’image de chacun des deux pays au sein de notre construction européenne, à un moment très fort, avec de nombreux enjeux liés à les nouvelles générations.

La particularité de cette saison est aussi de mettre la jeunesse et l’enjeu du nouveau siècle, de ce siècle et de cette décennie au centre des travaux liés à différents domaines.

Bref, cela montre que la culture est une et que les deux pays sont très similaires sur le plan culturel. Peut-on le dire ainsi ?

Cette saison montre aussi cette relation forte entre la culture portugaise et la culture française. Ce sont deux pays, bien sûr, très différents, deux langues, deux histoires, mais il y a un lien qui est très rare et qui doit être travaillé et compris dans ce monde global.

Que signifie la venue du Premier ministre ici à Paris, lui qui participera au vernissage de trois expositions dans le cadre de cette saison de croisade Portugal – France ?

La visite du Premier ministre, António Costa, à Paris, France, est très importante en raison de deux points fondamentaux.

La première est que depuis 2015 le Portugal a traversé l’espace européen et avancé de manière exemplaire. Exemplaire dans sa manière de transformer un projet de société, un espoir pour tous dans l’espace européen, où il y a aussi une grande crise des valeurs et une crise d’espoir pour l’avenir des nouvelles générations.

Le Portugal est aujourd’hui dans une transformation complexe mais très positive. C’est pourquoi vous voyez de grands pays européens, à savoir la France, l’Allemagne ou l’Angleterre, qui regardent actuellement le Portugal d’une manière très particulière. Par conséquent, le Portugal représente non seulement un petit pays d’Europe du Sud, mais un État qui, après la crise de 2008-2010, a réussi à aller de l’avant, à se réinventer et à jouer également un rôle fort dans le dialogue européen.

Le Portugal a également joué un rôle important dans la coopération sur les questions d’environnement et d’égalité. C’est pourquoi cette arrivée signifie aussi beaucoup pour les Français d’aujourd’hui.

Le deuxième point est qu’il s’agit d’une journée de la culture dans les grands monuments français, comme le Louvre, mais aussi le Centre Pompidou. Dans plusieurs endroits il y a une grande culture pour tous, dans cette grande ambition de démocratie culturelle, dans une démocratie où chacun a accès aux lieux de culture les plus beaux et les plus exemplaires, ouverts à tous, de tous âges. Ce lien est aussi très important entre le Portugal et la France sur ce grand débat et la possibilité d’aller vers une démocratie de la culture.

Quel bilan faites-vous de ces cinq premiers mois de saison de croisade entre la France et le Portugal ?

L’ouverture de la saison, en février, a été un moment très fort avec Maria João Pires à la Philharmonie de Paris, haut lieu de la musique. Ce fut un concert auquel ont assisté plus de deux mille personnes et ce fut un énorme succès. La présence de Maria João a illuminé ce moment de belle manière.

Il y a eu aussi un moment au Teatro Chatelêt, qui a réuni quelque deux mille personnes autour de la culture musicale portugaise mais aussi de son lien et de ses influences avec la lusophonie, tant sur le continent africain que dans d’autres parties du monde. L’événement a également mis en valeur ces influences et montré comment le Portugal est un pays cosmopolite qui a la capacité de se connecter avec le monde. C’était un moment très fort.

Le Festival Iminente, à Marseille, a également été un grand moment, avec une fantastique exposition sur les femmes artistes portugaises des XXe et XXIe siècles au Festival de Tour, qui a réuni plus de huit mille personnes.

Le forum des océans, le forum sur la question de l’égalité et un autre forum sur la question de la biodiversité ont également été importants. Le Portugal a montré sa connaissance de la mer, de l’océan et des recherches scientifiques menées et a montré qu’il est en avance sur de nombreux pays européens, facteurs également très importants pour changer l’image d’un pays comme le Portugal dans les milieux scientifiques. économiquement et culturellement.

À quoi pouvez-vous vous attendre dans les mois à venir ? Pouvez-vous démêler un peu le voile ?

ouais. Ce travail en cours sur la contemporanéité au sein de l’espace européen aura lieu en juin. Cette saison a commencé il y a environ 120 jours et il nous reste 140 jours. En tant que président de cette saison, je compte chaque jour. Je vois à quoi ressemblent les événements, quelle a été la réaction du public, les gens qui ont été impliqués et qui connaissent la saison.

Il est très important aujourd’hui de travailler sur cette nouvelle session de la saison jusqu’à fin octobre pour aussi donner un nouveau départ au projet. Septembre et octobre seront deux mois très forts, avec de nombreux événements en France et au Portugal.

Ce travail sur la transformation des idées et ce partage d’un rapport culturel, scientifique, artistique, ouvert à la démocratie est un moment fort. De nombreuses manifestations culturelles et artistiques auront lieu à Lisbonne, Porto, mais aussi à Faro ou Paris, par exemple.

Il y aura des expositions de danse, de théâtre, mais aussi des recherches sur les questions liées à l’éducation. Le programme est très riche et est ouvert jusqu’à fin octobre pour des moments avec la possibilité d’inventer de nouvelles relations dans la saison.

L’ensemble est fait, construit et construit très bien avec les équipes. Plus de 100 personnes travaillent cette saison à l’Institut Français et au Portugal à l’Institut Camões. Les ministères des affaires étrangères et de l’éducation sont également très impliqués.

Il reste encore beaucoup à faire. Et j’aime à dire : il y a un projet pour deux pays. Ce ne sont pas deux équipes. C’est une belle équipe franco-portugaise qui travaille ensemble, en espérant construire ce qui va se passer après la saison. Vive l’année 2023-2024. Après cette saison vient une nouvelle ère. J’espère que ce projet apportera des changements fondamentaux dans la façon dont nous travaillons ensemble entre les deux pays.

Victorine Pelletier

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